22/11/2010

Irlande: aide en cours de finalisation, mais la potion est amère

Des experts de l'UE et du FMI ont commencé lundi à Dublin à mettre au point les détails d'un vaste plan de sauvetage à l'Irlande, qui pourrait atteindre jusqu'à 90 milliards d'euros. Ce plan est perçu comme une "reddition" par une population largement réticente.


"Une capitulation sans précédent", une "ignominie", "une reddition éhontée": la presse celtique était unanime lundi à condamner l'appel à des bailleurs de fonds étrangers pour résorber la dette astronomique qui plombe l'Irlande.

Dès l'annonce du plan, dimanche soir à Dublin, quelques manifestants s'en sont violemment pris aux voitures des ministres quittant leurs bureaux officiels. L'un d'eux a été blessé au moment de son interpellation par la police.

"Nous ne sommes pas en faillite", a assuré lundi matin le ministre des Finances Brian Lenihan. Il a démenti que le FMI allait dorénavant gérer les affaires de l'île et exiger un durcissement d'un délicat plan de rigueur que Dublin doit annoncer mercredi.

M. Lenihan a assuré que les instances internationales étaient globalement satisfaites des nouvelles mesures d'austérité préalables au plan de sauvetage. Elles prévoient 15 milliards d'euros d'économies d'ici à 2014 pour ramener à 3% du produit intérieur brut (PIB) le déficit public, actuellement de 32%.

Le gouvernement irlandais aura fort à faire pour vendre ce plan auprès d'une population à bout de patience. Selon la presse, la potion amère à venir comprend de nouvelles réductions des allocations chômage et familiales ainsi que de nouvelles suppressions d'emplois publics. Brisant un tabou, le gouvernement devrait de plus toucher au salaire minimum.

L'aide à l'Irlande "est justifiée afin de sauvegarder la stabilité financière de l'UE et de la zone euro", ont dit dans un communiqué les ministres des Finances de la zone euro et de toute l'UE, dimanche soir en acceptant la demande d'aide formulée par Dublin.

Après plus d'une semaine de démentis et de tergiversations, l'Irlande va ainsi devenir le deuxième pays de la zone euro à bénéficier cette année d'un soutien, après la Grèce au printemps. Le FMI s'est dit prêt à apporter sa contribution par un prêt sur plusieurs années.

 

Le gouvernement irlandais est en train de faire payer à son peuple, ainsi qu'aux contribuables européens, la bourde d'il y a un peu plus de 2 ans. En effet, c'est au début octobre 2008 que le gouvernement irlandais a pris la pire décision de l'histoire de ce petit pays. Il a garanti, presque inconditionnellement, ses banques. Cette décision avait pour but de prévenir de la crise financière débutée au USA les banques irlandaises nées du « miracle » de l'Europe. A l'époque déjà cette décision inconsidérée avait poussé les autres pays européens à agir de même et provoqué des déficits budgétaires des Etats membres de l'UE abyssaux. Ce petit pays, dont la taille des banques avait tellement progressé sans que les gouvernements ne puissent prendre le recul nécessaire à la gestion d'une crise si importante, s'est retrouvé dans une situation inextricable. Une semaine après la décision « mortelle », l'Irlande, sous la pression des pays de l'UE, a encore aggravé la situation en garantissant certaines banques étrangères. L'économie irlandaise ne pourra pas s'en remettre. Le FMI et l'UE sont maintenant forcés de proposer leur aide. La même que celle proposée à la Grèce, probablement la même que le Portugal puis l'Espagne (d'autres encore ?) devront quémander. Les pays plus prudents et leurs contribuables devront passer à la caisse pour ces Etats qui ont « frisé » l'irresponsabilité.

Grâce à ces mesures, la stabilité financière de la zone EURO devrait être, selon les experts, sauvegardée. Rien n'est moins sûr. Les allemands ne pourront pas, ne voudront pas, payer l'addition pour le reste de l'Europe. Les différences de cultures économiques et financières entre les pays du Sud de l'Europe et ceux du Nord sont si grandes que les rapprochements ne sont pas possibles. Sans compter les pertes de « souverainetés» que cela impliquerait pour les pays « perdants ». Il est plus que probable que l'Euro, sous sa forme et sa réglementation actuelles, soit en perdition. Renaîtra-t-il de ses cendres, si oui sous quelle forme ? Une seule ? A plusieurs vitesses ? Un Euro pour les pays peu ou pas endettés'Un autre pour les pays surendettés ?

Une autre question se pose, comment se fait-il que la valeur des devises soit si importante par rapport aux cours des titres alors qu'il y a une telle incertitude sur la valeur réelle des billets de banques (tant le USD que l'EURO). Il ne faut pas oublier que la baisse des cours boursiers induit forcément une hausse des cours des devises...(pas entre elles, mais par rapport aux titres)

 

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