15/11/2009

Les relations entre la Suisse et l'UE risquent de se compliquer

Les relations entre la Suisse et l'Union européenne (UE) risquent de se compliquer à l'avenir, prédit Michael Reiterer, ambassadeur de l'UE en Suisse. Pour le diplomate européen, l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne au 1er décembre imposera des changements de méthode.


"La diplomatie suisse devra élargir et renforcer ses contacts notamment avec le parlement européen", a déclaré Michael Reiterer dans une interview à la "NZZ am Sonnatg". Car la Suisse en tant qu'Etat tiers relèvera de la compétence d'un nouveau service extérieur doté d'un haut représentant.

Il y aura à l'avenir davantage de parties prenantes dans l'UE, ce qui ralentira sans doute la prise de décision. Les Etats tiers comme la Suisse ne pourront pas être favorisés par rapport aux membres de l'UE, car ceux-ci seront déjà soumis à une décision prise à la majorité, a expliqué l'ambassadeur.

Michael Reitrer prédit également des temps difficiles pour la voie bilatérale choisie par la Suisse. "Elle doit notamment réfléchir comment concilier sa position entre ne pas vouloir adhérer à l'UE, refuser une reprise automatique de l'acquis européen, mais exiger un maximum de codécision", relève le diplomate.

Le traité de Lisbonne crée une nouvelle base juridique pour l'Union européenne. Il prévoit de plus en plus de décisions prises à la majorité, de manière à éviter des blocage d'une minorité d'Etats.

Au conseil des ministres, les voix ne compteront plus en fonction de l'importance du pays. La nouvelle formule reposera sur une double majorité (d'Etats et de population). L'UE aura davantage de prérogatives en matière de politique étrangère, un service diplomatique à part entière et un "ministre des affaires étrangères". Elle disposera d'un président du Conseil européen pour deux ans et demi.

Monsieur Reiterer est très gentil de vouloir nous conseiller sur ce dossier. Il aura cependant, lui, beaucoup de problèmes à nous donner le point de vue de l’UE dans les dossiers qui pourraient nous occuper. Il ne sera en effet pas facile de savoir ce que veulent les pays de l’UE. Les grandes puissances en termes de population, soit l’Allemagne, la France, la Grande Bretagne et l’Italie nous ont montré qu’ils ne sont souvent pas d’accord entre eux. A cela il faudra ajouter une double majorité, c'est-à-dire que les petits pays pourront se coaliser pour faire changer de camp une décision. De plus, dans ces pays, les décisions sont rarement prises par le peuple ce qui pourrait amener à des changements de majorité et de cap à chaque élection « locale ». L’UE va enfin commencer à apprendre la démocratie. Ce n’est pas si mal.

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