01/11/2009

Pour Doris Leuthard, "la politique agricole suisse est un succès"

Doris Leuthard veut maintenir le cap dans la politique agricole malgré les critiques et les réserves croissantes. Les négociations avec l'UE en vue d'un accord de libre-échange sont nécessaires si on veut éviter de répéter le scénario du secret bancaire, selon elle.


"Il n'y a pour moi aucune raison de changer de direction", a déclaré la ministre de l'économie dans la "NZZ am Sonntag". "Il ne fait aucun doute que la suppression des barrières douanières en matière agricole viendra dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), comme le "amen" à l'église."

"Mon but n'est pas que la Suisse ouvre ses frontières avant les autres pays, mais nous devons anticiper, prévoir et nous préparer à accompagner les agriculteurs", a précisé la démocrate-chrétienne dans le "Matin Dimanche". D'après elle, on devrait y voir plus clair sur les négociations à l'OMC l'an prochain.

De manière générale, Doris Leuthard considère la politique agricole suisse comme "un succès" vu les hausses de la productivité et de la qualité. Sans compter que les paysans n'ont jamais reçu autant d'aide financière que cette année. "On focalise la grogne sur ma personne au lieu de regarder les faits."

Concernant l'avenir du marché laitier, l'Argovienne se réjouit que les producteurs de lait se soient réunis en une interprofession du lait. Elle espère que leur base acceptera leur résolution mi-novembre. Si c'est le cas, Mme Leuthard s'est dite prête à rendre obligatoire leurs règles pour tous les producteurs suisses, avec à la clé une stabilisation pour une année au moins.

Les dernières semaines ont été passablement mouvementées pour la conseillère fédérale en charge de l'agriculture. Les tensions ont culminé le 23 octobre à Saignelégier (JU) quand des manifestants du syndicat Uniterre l'ont chahutée et lui ont jeté des bottes en plastique.

Une chose me surprend dans cette affaire. J’ai cru comprendre que la Suisse produisait environ 50% de ses besoins alimentaires. Si ce chiffre est avéré, où est le problème avec les importations ?

Quel autre pays en Europe, voir dans le monde, peut se targuer d’être aussi ouvert que le notre aux importations agricoles ? Il suffit de ne tolérer les importations que pour les produits qui ne sont pas fournis au peuple de notre pays par les producteurs locaux. Il est inutile de venir concurrencer les paysans suisses avec des produits qu’ils sont capables de nous vendre alors qu’il y a tant d’autres produits que nous sommes prêts à acheter. De plus en régulant mieux ces importations, nous diminuerons le transport de marchandises par camions et réduiront d’autant la pollution

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