28/10/2009

CH/Italie: après l'opération "coup de poing", Berne hausse le ton contre Rome

La Suisse s'indigne de l'offensive menée par la police financière italienne mardi contre les banques suisses. Elle l'a fait savoir de vive voix à l'ambassadeur d'Italie à Berne, convoqué pour l'occasion. Les partis et l'ASB se montrent eux aussi outrés.


Lors de l'entretien mercredi après-midi avec l'ambassadeur Giuseppe Deodato, la Suisse a "exprimé son étonnement envers la vague de contrôles fiscaux menés mardi en Italie", a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), dans une prise de position publiée à l'issue de la rencontre.

Elle s'étonne que ces visites inopinées aient visé en tout premier lieu des établissements suisses. "La Suisse a tenu à faire valoir à quel point et dans quel cadre elle coopère avec la communauté internationale, les Etats membres de l'UE et en particulier l'Italie dans les affaires fiscales", ajoute le texte.

De son côté, l'ambassadeur italien, interrogé dans l'émission Forum de la RSR a souligné que les autorités avaient agi dans le cadre parfaitement légal et qu'il ne s'agissait en rien d'un geste inamical envers la Suisse.

Le fisc italien a contrôlé mardi 76 agences de banques suisses ou établissements bancaires liés à des intermédiaires suisses dans le nord de l'Italie. Les visites ont eu lieu dans une vingtaine de villes, notamment à Milan, Rome, Turin et Florence.

Les autorités italiennes entendaient vérifier si ces établissements financiers respectent "les obligations de communication" des opérations bancaires effectuées par leurs clients. Ces contrôles interviennent alors qu'une amnistie sur les biens cachés à l'étranger mise en place par le gouvernement Berlusconi est entrée en vigueur mi-septembre.

Le Conseil fédéral a débattu mercredi de cette attaque ciblée. La situation "nous inquiète", a souligné le ministre de l'Intérieur Pascal Couchepin devant les médias, parlant de "razzia". Le gouvernement suit le dossier depuis plusieurs semaines.

Par ailleurs, le président de la Confédération et ministre des finances Hans-Rudolf Merz est en contact avec les autorités tessinoises. Le canton a demandé le soutien de Berne dans cette affaire, s'indignant des méthodes utilisées par l'Italie pour traquer l'évasion fiscale.

Le chef du DFF a indiqué que des mesures de rétorsion à l'égard de la Péninsule n'étaient pas à l'agenda. Mais le Conseil fédéral ne restera pas inactif et réfléchit à des solutions pour défendre la place financière du Tessin, a-t-il déclaré à la "Tagesschau" de la télévision alémanique SF.

L'opération de mardi a soulevé une vague d'irritation en Suisse. Du côté des partis, le président du PDC Christophe Darbellay estime que la convocation de l'ambassadeur d'Italie était la première mesure à prendre.

Le dispositif mis en place par les autorités italiennes donne a priori l'impression qu'on assiste à une nouvelle attaque coordonnée contre les banques suisses, selon le Valaisan. "Il ne faut pas céder". Selon lui, "une visite diplomatique à Rome ne serait pas inutile".

Le président du PRD Fulvio Pelli observe pour sa part qu'en plaçant les établissements helvétiques dans leur ligne de mire, l'Italie a eu une attitude largement discriminatoire.

Quant à l'UDC, elle trouve que la réaction du Conseil fédéral est tardive et minimaliste. L'attitude de l'Italie envers la Suisse prend une tournure "de plus en plus grotesque" et "outrageante", écrit le parti.

Au PS, le président Christian Levrat formule une opinion nuancée. "L'action de l'Etat italien est justifiée s'il dispose d'indices concrets d'actes illégaux. Elle est difficilement acceptable s'il s'agit d'une pure manoeuvre d'intimidation", a-t-il dit à l'ATS.

L'Association suisse des banquiers (ASB) a également qualifié l'attitude de Rome de discriminatoire. Selon elle, ces contrôles font partie d'une stratégie pour "renforcer la pression sur la place financière suisse".

Après les USA, nos trois grands voisins, l’un après l’autre, s’en prennent à notre pays. Pour la troisième fois, notre gouvernement ne réagi pas. Il faudra pourtant cesser de se laisser faire par ces pays à qui nous achetons bien plus que nous leur vendons, (l’Allemagne et l’Italie, le commerce avec la France est équilibré). Il faut maintenant que nos élus pensent en termes de rétorsions, de représailles. Si nous sommes un petit pays, nous avons, malgré tout, certains points forts. La France détient une liste de clients français de banques suisses ? Laissons filtrer quelques noms de politiciens français concernés. Ceux proches du gouvernement…

Les médias français cherchent à savoir quels étaient les bénéficiaires de certaines rétro commissions sur des ventes de frégates ? Pourquoi ne pas les aider un peu ?

Fermons le tunnel du Gothard à la veille des vacances d’été, combien de touristes du Nord de l’Europe changeront de destination? Le fisc français est curieux ? Pourquoi ne pas interdire aux frontaliers français de travailler dans des banques suisses ?

Des pays européens veulent nous vendre des avions de combat ? Pourquoi ne pas leur demander de faire une démonstration d’attaque au sol une ville, Tripoli par exemple, en décollant de Suisse. Les avions ratant la cible ou ne revenant pas étant éliminés. Les allemands nous prennent pour des indiens ? Que les suisses s’abstiennent d’acheter des produits allemands pendant une semaine ou un mois. (sans les remplacer par des produits italiens, faut pas se punir soi-même…)

Le plus important est de rendre coup pour coup. En le multipliant si possible.

Des siècles durant, ces trois pays louaient les services de nos soldats. Ce n'était pas pour rien. 

 

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