08/01/2009

Le Grand Conseil genevois ne s'entend pas avec la chaîne Léman Bleu

Le Grand Conseil genevois et la télévision régionale Léman Bleu, qui retransmet les sessions du parlement, n'ont pas réussi à s'entendre sur un nouveau contrat pour 2009. La chaîne veut être payée davantage pour compenser un manque à gagner en revenus publicitaires.

Pour l'instant, les tractations sont dans une impasse. Le bureau du Grand Conseil a décidé de renoncer à faire retransmettre par la chaîne locale la prochaine session parlementaire. Les discussions vont se poursuivre.

En septembre, Léman Bleu avait résilié son contrat pour la fin de l'année. La chaîne, qui touche 15'000 francs pour la diffusion d'une session de deux jours, voudrait obtenir une augmentation substantielle. Le parlement affirme n'avoir aucune marge de manoeuvre. Pour payer les retransmissions en 2009, il dispose d'un budget de 200'000 francs, comme en 2008.

 

Je ne sais pas qui a raison, mais je trouve étrange qu’une télévision qui reçoit une partie de l’argent de la redevance TV, facture à une chambre d’élus la retransmission des débats qu’ils ont.

En sommes le contribuable doit payer pour voir ce que le téléspectateur paie avec sa redevance.

Cette situation est-elle typiquement genevoise? Comment cela se passe-t-il dans les autres cantons?

 

 

Commentaires

...... et j'vous dis pas dans le détail les plusieurs centaines de milliers de frs que le Grand Conseil a dépensé en investissements......
le Bureau du Grand Conseil a pris une sage décision

p.losio
député

Écrit par : pierre losio | 09/01/2009

Von Dach, vous qui vous piquez d'économie, c'est pourtant simple: capter et diffuser quoi que ce soit a un coût. La partie de la concession rétrocédée aux chaînes locales représente certes un montant consistant mais ne suffit de loin pas à couvrir tous les frais des émissions dites de service public (journal télévisé, émission de débats politiques, infos diverses sur la culture ou l'économie locale etc...)
La publicité ainsi que le cas échéant d'autres contributions de gens ayant intérêt à ce que telle ou telle émission soit diffusée doivent combler le trou.
La publicité, pour les séances du Grand Conseil, c'est compliqué. Pas facile d'introduire des coupures publicitaires au milieu des débats, débats qui ne sont par ailleurs pas forcément très folichons, donc pas forcément très regardés, donc pas forcément très porteurs pour quelqu'un qui voudrait diffuser sa pub.
Résultat des courses, les actionnaires de Léman Bleu sont certes très heureux d'accomplir une sorte de devoir civique en diffusant ces séances, mais en 2007 comme en 2008, ils ont perdu passablement d'argent. Des sommes en centaines de milliers de francs, à ce que j'ai entendu dire. Et comme la crise est pour tout le monde, ils demandent de perdre moins, voire même de gagner un peu, pour le service qu'ils rendent. Ce qui me parait légitime.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/01/2009

@Philippe Souaille,
Bonjour, merci de votre commentaire.
Vos explications sont extrêmement claires. Si je les comprends "économiquement", je ne comprends pas à quoi (ou à qui) ça sert de diffuser ces débats s'ils ne sont pas suivis. Je suis sur que Léman Bleu pourrait beaucoup mieux rentabiliser ce temps d'antenne. N'oublions pas que dans ce cas, le contribuable et le téléspectateur est pris deux fois en otage puisqu'il n'a pas le choix. Il doit payer!

Écrit par : Salegueule | 10/01/2009

Pas suivi ? C'est pas l'impression que j'ai. Et si c'était pas suivi, certains députés ne jugeraient pas utiles de se donner autant en spectacle, comme par hasard, durant les heures de diffusion.

Léman Bleu reçoit de l'argent de la redevance et elle est payée par le Grand Conseil pour chaque diffusion. De plus, elle est subventionnée par la Ville de Genève (ou elle l'a été en tous cas). Et cette dernière possède des parts dans cette chaîne de télévision (si plus directement, c'est en tous cas indirectement via les parts de 022 Télégenève). Donc faut pas pousser non plus.

Oui, il y a sans doute des pertes par rapport à un jour normal où la chaîne passe plein de pubs. Mais si Léman Bleu ne veut plus rendre ce service civique, alors qu'elle ne compte que sur la publicité et plus sur la redevance ou les éventuelles subventions publiques.

En effet, pourquoi devoir payer deux fois pour ces retransmissions ? Si encore il y a une émission entourant ces diffusions, qui expliquerait ou résumerait aux téléspectateurs les séances, mais il s'agit d'une diffusion brute, avec tout au plus un bandeau défilant pour nous dire où on est dans l'ordre du jour.

Léman Bleu, la chaîne censée être des genevois, nous prend en effet en otage en nous coupant l'accès à ces retransmissions qui, j'en suis sûr, sont appréciées par les nombreuses personnes qui s'intéressent à la vie politique de leur région (même le meilleur article de la Tribune ne pourrait résumer la réalité d'une séance et montrer le vrai visage de certains députés/partis qui se dévoile séances après séances).

Écrit par : David | 13/01/2009

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