12/12/2008

Libre circulation: les effets sur la Suisse sont positifs

Comme en Europe, l'impact de la libre circulation des personnes sur l'économie suisse est faible. Mais contrairement à ce qu'on observe chez nos voisins, ses effets sont positifs, constate une étude du KOF commandée par economiesuisse.


Grâce à la libre circulation, le produit intérieur brut (PIB) a enregistré entre 2002 et 2007 une hausse annuelle de 0,16 % supérieure à ce qui se serait produit sans l'accord. "L'impact est modeste mais non négligeable lorsqu'il est cumulé sur plusieurs années", a déclaré devant les médias Jan-Egbert Sturm, le chef du centre de recherches conjoncturelles de l'EPFZ (KOF).

Ainsi, fin 2007 le PIB se situait 5,5 milliards de francs au-dessus du niveau qui aurait été atteint sans la libre circulation. Les chercheurs sont partis du principe que si la Suisse n'avait pas ratifié cet accord, elle aurait poursuivi sa politique de contingentement des travailleurs étrangers. Quelque 4000 travailleurs étrangers en moins seraient venus dans le pays chaque année, ont estimé les chercheurs.

L'étude du KOF réfute les craintes qui se sont exprimées avant l'entrée en vigueur de la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'UE. Cette dernière n'a ni fait monter le taux de chômage ni fait baisser les salaires nominaux. La libre circulation des personnes n'a par contre pas eu d'effet sur le taux de chômage des Suisses.

Les résultats de l'étude du KOF divergent des études européennes similaires, qui font état d'effets tout aussi fabiles, mais plutôt négatifs. L'institut zurichois explique cette différence par le fait que la Suisse attire plus de travailleurs qualifiés que ses voisins.

Pour economiesuisse, un refus le 8 février de la reconduction de la libre circulation et de son extension à la Roumanie et à la Bulgarie "aurait de graves conséquences" pour la place économique et le marché de l'emploi en Suisse.

 

 

 

J’adore ces études, elles sont là juste pour nous asséner des vérités, sans moyens de contrôler les affirmations de ces « experts ». Il n’ y pas d’impact sur les salaires nominaux dit cette étude, même pour le secteur de la restauration dans les cantons frontaliers comme Genève ?

Quel est l’impact de l’arrivée de ces travailleurs et de leurs familles sur le prix des loyers ? Sur la pénurie de logements ? On dit que la libre circulation n’a pas eu d’impact sur le chômage, c’est vrai qu’il n’a pas baissé malgré toutes les créations d’emplois !

 

 

Commentaires

Derrière le débat habituel sur la votation du 8 février, entre ceux pour qui le « non » serait du à une minorité de gens qui, effrayés par des corbeaux noirs n’ont rien compris de la complexité économique suisse et ceux pour qui le « oui » représenterait l’invasion du pays par des hordes de lointains descendants du Gengis Khan, se cache la place pour un autre débat possible et peut-être utile : Avec tant de hautes écoles (HES, Universités et certains départements d’EPFs) cherchant par tous les moyens à attirer dans leurs auditoires un plus grand nombre d’étudiants - parfois sans trop de succès - et, d’autre côté, des industries qui embauchent des jeunes venus de tous les coins d’Europe et d’ailleurs, attirés par nos salaires, ne serait-il pas logique de se poser la question de savoir si dans trois ans (entre-temps les boites resteront au point mort, faute de la crise…) l'explosion rêvée du nombre de places de travail pourrait alors aider à absorber une grande partie de nos jeunes tout juste diplômés de ces Ecoles, surtout d’Ecoles professionnelles. Pas assez de jeunes formés pour remplir le nombre de postes futurs ? Augmentez la capacité des Ecoles ! Embauchez des profs ! Le niveau professionnel des jeunes suisses sera insuffisant par rapport aux demandes des industries ? Améliorez la qualité de l’enseignement à tous les niveaux, comme l’on demande depuis longtemps suite aux comparaisons PISA. N’oublions pas que des études récentes montreraient que l’effet de la libre circulation en Suisse est aussi faible que dans l’UE, mais positif (contrairement à l’UE) « par le fait que la Suisse attire plus de travailleurs qualifiés que ses voisins » ; ceux-ci viendront-ils maintenant de la Roumanie ou pourrons-nous aussi les former dans nos Ecoles ? Cette analyse est certainement trop simpliste mais la baisse (non avouée) du niveau de formation de nos jeunes plus l’importation massive de professionnels compétents exigent effectivement l’ouverture de toutes nos portes.

Écrit par : jo alberty | 29/01/2009

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