03/12/2008

Crise financière ou déflation financière ?

Le mal qui frappe plus que durement la finance internationale n’est rien d’autre qu’une formidable déflation. C’est le terme que l’on utilise normalement lorsque la monnaie prend chaque jour plus de valeur pendant que les prix des biens ne font que baisser. C’est exactement ce qui se passe sur les marchés boursiers.


Pendant des années, les banques centrales occidentales n’ont mené qu’un combat :

La lutte contre l’inflation. Maîtriser plus ou moins les prix. Eviter un retour de l’inflation. Ce danger soi-disant mortel !

Le seul problème c’est que les banques centrales, souvent avec l’agrément des ministères concernés dans les différents pays,  n’ont appliqués leurs politiques qu’aux biens de consommation. Elles ont totalement oublié (sciemment ?) de surveiller les prix des « biens »  financiers, des cours des actions, elles ne se sont pas rendus comptes de la création de richesse artificielle. Elles n’ont pas compris (ou voulu comprendre ?) que l’explosion des capitalisations boursières n’avait rien de sain. Que le vrai danger était là. Que le combat devait être mené contre cette inflation là. Elles ne l’ont pas fait ! Au contraire, au pire de la crise de confiance interbancaire, lorsque que les banques ne voulaient pas se prêter de l’argent entre elles, les banques centrales ont, pour aider croyaient-elles, baisser les taux.

Il y a eu une esquisse de  réponse des banques centrales, mais complètement à côté de la plaque. Si les banques ne se prêtent pas à un taux de 3% par exemple, elles ne vont certainement pas le faire à un taux inférieur ! Un banquier amateur l’aurait compris ! Les banques centrales non !

Le pire est-il maintenant devant nous ? La déflation financière va-t-elle contaminer l’économie dite réelle ? Si oui, nous allons devant des jours très difficiles. Les vendeurs de biens de « confort » vont souffrir durement. Qui va acheter une voiture aujourd’hui si il y a toutes les chances que son prix soit plus bas demain ou la semaine prochaine ? Idem pour une cuisinière ou un frigidaire etc…

Quel risque y a-t-il que les salaires baissent ? Comment un patron pourra-t-il continuer à verser un salaire de X s'il doit vendre la production à un prix toujours plus bas?

Alors que les loyers eux, dans un premier temps ne vont pas baisser. Le propriétaire ayant, lui les mêmes charges, ne voudra pas baisser les loyers qu'il encaisse. Quelle sera la situation du petit propriétaire endetté qui devra rembourser une dette hypothécaire qui n’aura plus de rapport avec ses revenus ? Alors que la valeur de son immeuble va probablement baisser de telle façon que la banque soit obligée de lui demander un remboursement partiel, peut être important, de sa dette hypothécaire.

La seule chance d’éviter cela c’est donner du pouvoir d’achat aux consommateurs et que ceux-ci s’en servent en achetant des biens produits localement plutôt que d’épargner. L’achat de biens importés ou l’épargne ne feront qu’aggraver la crise.

Le patronat en accordant des hausses de salaire en cette fin d'année l'a compris, il faut que les suisses dépensent. Beaucoup.

23:40 Publié dans Economie | Tags : argent, inflation, ubs, cs, bns, bce, fed | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

A la place de compter que sur le patronat pour une relance, nos dirigeants pourraient s'enlever leurs oeillères et essayer d'opter pour une relance keynésienne (ouh le gros mot !) ... mais bon, ils sont optu comme les dirigeants de la californie qui préfère laisser cet etat partir en faillite plutot que de relever les impots.

Écrit par : Djinius | 04/12/2008

@Djinius
Le problème avec votre proposition, c'est que la solution que vous proposez créerait une abondance d'arrivée de travailleurs étrangers pour profiter du plein emploi à la charge de l'Etat que vous préconisez. A l'heure de la libre circulation, ce n'est pas forcément une bonne idée. Par ailleurs, les fortes baisses de recettes fiscales ne permettraient pas de financer une telle relance.

Écrit par : salegueule | 04/12/2008

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